Brucellose

De La-chevre.

Sommaire

SECTION I : MALADIE / AGENT INFECTIEUX


SYNONYMES / RENVOIS : (1)

  • chez les animaux : brucellose bovine, maladie de Bang, avortement épizootique, épididymite contagieuse du bélier
  • chez les humains : fièvre ondulante, fièvre de Malte, fièvre méditerranéenne, fièvre sudorale, fièvre folle, mélitococcie, fièvre de Gibraltar


ÉTIOLOGIE / TAXONOMIE : (2)

Genre : Brucella Espèces : traditionnellement connues sous les noms de melitensis (Bruce, 1886), abortus (Bang, 1897), suis (Traum, 1914), ovis (McFarland, 1953), neotomae (Stoenner, 1957) et canis (Carmichael, 1966); possiblement maris (Ewalt, 1994). Il est proposé d'utiliser l'appellation B. melitensis et que les espèces classiques soient considérées comme des biovars.


CARACTÉRISTIQUES DE L'ORGANISME : (2)

  • cocci à Gram négatif ou courts bâtonnets (0,5 à 0,7 par 0,6 à 1,5 m) individuels à Gram négatif, rarement en paires, en courtes chaînes ou en petits groupes.
  • non mobiles, sans capsule, non sporulés, aérobies, température optimale de croissance : 20 C à 40 C


SURVEILLANCE :

La brucellose est une maladie à déclaration obligatoire au Canada. Les propriétaires d'animaux, les vétérinaires et les laboratoires doivent immédiatement signaler au vétérinaire de district de l'ACIA la présence de tout animal contaminé ou qu'ils croient contaminé. Des mesures de lutte et d'éradication seront prises sur-le-champ. (http://lois.justice.gc.ca/fr/H-3.3/tdmcomplete.html).


DISTRIBUTION :

Les espèces Brucella abortus et B. suis ont été éradiquées du Canada, sauf en ce qui a trait à certaines zones géographiques limitées abritant des espèces sauvages dans le nord du Canada. Des enquêtes sérologiques triennales permettent de confirmer que le bétail canadien est exempt de B. abortus et de B. suis. B. ovis et B. canis ne sont pas assujettis à des contrôles ni à l'éradication et sont considérés comme indigènes; B. melitensis n'a jamais été retrouvé au Canada. Voir la liste de l'OIE pour l'état de la situation dans les autres pays. http://www.oie.int/fr/info/fr_infoan.htm SECTION II : DANGER POUR LA SANTÉ DES ANIMAUX ET ÉPIDÉMIOLOGIE


MALADIE CLINIQUE / PATHOGENÈSE : (4)

Chez les bovins, B. abortus cause des avortements, la mortinatalité et la naissance de veaux faibles; les taureaux peuvent présenter des abcès testiculaires ou de l'orchite. On n'observe habituellement pas de signes systémiques. L'arthrite peut se développer après des infections à long terme.

Chez les porcs, B. suis cause des avortements, la mortinatalité et la naissance de cochonnets faibles. Les verrats peuvent présenter de l'orchite temporaire ou permanente. Ils peuvent également être asymptomatiques et excréter l'organisme dans le sperme, ou encore le seul signe d'infection peut être la stérilité.

La dose infectieuse varie selon l'espèce de Brucella et selon l'espèce animale, et elle n'a pas été déterminée chez l'humain.

La période d'incubation varie également selon l'espèce de Brucella et selon l'espèce animale. Chez les bovins, l'avortement et la mort du foetus surviennent habituellement de 2 semaines à 5 mois après l'infection.


SOURCE / MODE DE TRANSMISSION / TRANSMISSIBILITÉ : (5)

Les bactéries pénètrent dans l'organisme par les muqueuses et se dispersent par l'intermédiaire du système lymphatique. Si l'animal est en gestation, les bactéries envahissent également l'utérus et le placenta. Les femelles gravides sont plus réceptives à l'infection. Les modes de transmission les plus courants de B. abortus et de B. suis sont l'ingestion (pâturages infectés, membranes foetales infectées, aliments pour animaux et eau contaminés), l'inhalation, le contact direct (foetus avortés, nouveau-nés infectés) et l'infection congénitale. Les vecteurs passifs, les mouches, les tiques, les rats et les chiens peuvent également transmettre cette maladie.


VECTEURS : (5)

Les parasites hématophages peuvent servir de vecteurs durant les stades bactériémiques de l'infection, mais il ne s'agit pas de vecteurs importants.


GAMME D'HÔTES : (3)

La gamme d'hôtes est étendue, mais chaque espèce de Brucella préfère certaines espèces animales à d'autres. Brucella abortus infecte principalement les bovins, mais les moutons, chèvres, chiens, chameaux, buffles et animaux sauvages peuvent également être infectés. Brucella ovis infecte principalement les moutons. Brucella suis infecte principalement les porcs. Brucella melitensis infecte principalement les chèvres.


ZOONOSE : (4)

La brucellose est une zoonose grave. Chez l'humain, la brucellose peut être causée par B. abortus, B. melitensis, B. suis et, rarement, par B. canis. Les vaccins pour le bétail à base de Brucella abortus et de B. melitensis sont pathogènes pour l'humain. Les personnes, qui dans leur travail, sont souvent en contact avec des animaux ou de la viande, comme les gens travaillant dans des abattoirs, les agriculteurs et les vétérinaires, ou le personnel de laboratoire qui manipule des volumes importants de cultures, courent un risque accru d'infection. Chez l'humain, l'infection peut être contractée par l'intermédiaire de lésions cutanées, des muqueuses ou de la conjonctive lors de la manipulation d'animaux infectés ou du contact avec des tissus ou des sécrétions infectés lors d'activités telles que la boucherie et l'aide à la mise bas. La transmission directe d'une personne à une autre est rare. L'ingestion de produits laitiers non pasteurisés provenant d'animaux infectés peut entraîner l'infection.


RÉSERVOIR :

Les animaux hôtes constituent le réservoir normal.



SECTION III : DIAGNOSTIQUE


RÉSULTATS DE LA NÉCROPSIE / D'HISTOPATHOLOGIE : (5)

Les résultats de la nécropsie varient considérablement selon l'espèce animale et le stade de la maladie. Une placentite nécrosante et des variations inflammatoires chez le foetus sont les manifestations les plus courantes chez le bétail au cours de la phase clinique aiguë.


DIAGNOSTIQUE DE LABORATOIRE :

La culture de l'organisme constitue le diagnostic définitif.(6) Le type d'épreuve sérologique utilisé pour déterminer l'exposition varie selon l'espèce animale. Des augmentations des titres d'anticorps peuvent être observées dans les cas aigus, mais elles ne sont pas utiles pour détecter des cas de maladie chronique ou récurrente. (4)


SENSIBILITÉ AUX MÉDICAMENTS :

Le traitement des animaux est rarement possible. Les humains peuvent être traités avec une combinaison d'agents antimicrobiens, comme les tétracyclines, la streptomycine, la rifampicine, les fluoroquinolones, le TMP/SMX ou la doxycycline. Il faut appliquer le traitement pendant au moins 6 semaines pour réduire au minimum le risque de rechute. Une surveillance à long terme est nécessaire, puisque des rechutes surviennent dans 5 % des cas traités.


DIAGNOSTIQUE DIFFÉRENTIEL : (4,5)

D'autres maladies causant des avortements chez les différentes espèces doivent aussi être considérées.

Chez les bovins, ces maladies comprennent :

  • la trichomonase
  • la vibriose
  • la leptospirose
  • la rhinotrachéite infectieuse bovine
  • diverses mycoses
  • la listériose
  • l'avortement épizootique d'origine virale



SECTION IV : MÉTHODES DE DÉCONTAMINATION



Choisir un désinfectant homologué possédant un DIN (numéro d'identification du médicament). Utiliser la concentration et le temps de contact indiqués sur l'étiquette. Considérer la charge organique et la température. Il est recommandé que l'efficacité du désinfectant utilisé soit validée par le laboratoire à l'aide d'une méthode acceptée (ex. essai quantitatif de porteur). Le Tableau 1 peut aider dans le choix d'un désinfectant homologué pouvant être utilisé contre Brucella.



PRINCIPE ACTIF
CONCENTRATION
TEMPS DE CONTACT
Alcool:
Éthanol
70% (vol/vol)
(pas de charge organique)
10 minutes
Phénol synthétique:
Orthophénylphénol
5, 000 ppm (1:200)
10 minutes
Agent oxydant:
Hypochlorite de sodium
10,000 ppm (1%)
10 minutes



INACTIVATION PHYSIQUE : (8)

Les espèces de Brucella sont sensibles à la température, à l'humidité et au pH. Elles sont inactivées par les rayons ultraviolets et la pasteurisation.


SURVIE À L'EXTÉRIEUR DE L'HÔTE : (8)

Les espèces de Brucella peuvent survivre dans les conditions suivantes :

  • 60 jours dans un sol humide et jusqu'à 144 jours à 20 C et à 40 % d'humidité
  • plusieurs mois dans l'eau du robinet à 4-8 C et 2,5 ans à 0 C
  • 30 jours dans l'urine, 75 jours dans les foetus avortés et >200 jours dans l'exsudat utérin
  • des années dans des tissus congelés ou des milieux de culture congelés



SECTION V : DANGERS POUR LES HUMAINS AU LABORATOIRE


INFECTIONS CONTRACTÉES AU LABORATOIRE : (9,10)

Le plus grand risque qui guette le personnel de laboratoire est la production d'aérosols générés par la manipulation d'importants volumes de cultures ou encore la manipulation de cultures ou d'échantillons infectés à l'insu de l'employé.


PRÉCAUTIONS DE BIOSÉCURITÉ :

Des précautions spéciales doivent être prises pour éviter l'inhalation des aérosols (p. ex. lors de la manipulation d'animaux infectés, notamment après un avortement, ou lors de la manipulation d'importants volumes de cultures), l'ingestion (produits d'animaux contaminés) et l'injection accidentelle de souches vaccinales. SECTION VI : EXIGENCES PHYSIQUES ET OPÉRATIONNELLES


EXIGENCES DE CONFINEMENT :

La culture primaire et l'identification des échantillons prélevés aux fins de diagnostic doivent se faire dans des installations de niveau de confinement physique 2 pourvu que l'on se conforme aux exigences opérationnelles du niveau de confinement 3. Pour toutes les autres manipulations, y compris l'identification plus poussée et les épreuves de sensibilité, il faut respecter les exigences physiques et opérationnelles du niveau de confinement 3 telles qu'elles sont indiquées dans les Normes sur le confinement des installations vétérinaires.

On peut consulter ces normes à l'adresse : http://www.inspection.gc.ca/francais/sci/lab/convet/convetf.shtml


MATÉRIEL DE PROTECTION PERSONNELLE :

Laboratoire: (niveau 3)

  • Le personnel doit porter une première couche de vêtements protecteurs conçus pour le laboratoire (p. ex. tenue de chirurgien et bonnet) ainsi que des chaussures conçues pour le laboratoire.
  • Lors de la manutention de matériel infectieux, le personnel doit porter une deuxième couche de vêtements protecteurs (p. ex. blouse de laboratoire ne s'ouvrant pas sur le devant, avec poignets ajustés, 2 paires de gants).
  • Une protection respiratoire adéquate doit être portée lors de la manutention directe de matériel infectieux à l'extérieur de l'enceinte de biosécurité.
  • Les personnes qui ne portent pas des vêtements assurant une protection complète du corps doivent passer sous la douche à leur sortir du laboratoire; lorsqu'il y a eu exposition connue ou probable aux aérosols, une douche doit être prise à la sortie de la zone de laboratoire.


Salle de nécropsie:

  • Le personnel doit porter une première couche de vêtements protecteurs conçus pour le laboratoire (p. ex. tenue de chirurgien et bonnet) ainsi que des chaussures conçues pour le laboratoire.
  • Lors de la manutention de matériel infectieux, le personnel doit porter une deuxième couche de vêtements protecteurs.
  • Gants résistants aux coupures, protection respiratoire adéquate, bottes de caoutchouc à embout/cambrure d'acier.
  • Prendre une douche en sortant de la salle de nécropsie.


INFORMATION SUR LA MANUTENTION :

Déversement dans le laboratoire :

Le protocole à suivre en cas de déversement doit être établi et il doit comprendre les points suivants :

  • déversements à l'intérieur de l'enceinte de biosécurité
  • déversements à l'extérieur de l'enceinte de biosécurité
  • déversements survenant lors d'opérations générant des aérosols
  • au besoin, des modifications aux procédures d'entrée et de sortie des locaux, EPI approprié, méthode de désinfection du matériel et de l'environnement lors de déversements, comprenant le temps de contact, schéma de nettoyage et élimination des matériaux contaminés.


Voir le tableau 1 pour les désinfectants à utiliser.


ENTREPOSAGE :

Toutes les cultures et tout le matériel infecté doivent être entreposés dans des contenants étanches scellés, adéquatement étiquetés et portant clairement la mention : biorisque. L'accès aux matières infectieuses doit être contrôlé en tout temps. Tenir un registre décrivant l'usage, l'inventaire et l'élimination des matières infectieuses.


ÉLIMINATION :

Décontaminer tout matériel infectieux par stérilisation à la vapeur, incinération ou désinfection chimique avant l'élimination.


RÉFÉRENCES :

  1. Metcalf HE, Luchsinger DW, Winthrop CR, Brucellosis. In: Beran GW, ed. Handbook of Zoonoses, Second Edition, CRC Press, 1994:9-39
  2.  Shapiro D, Wong J, Brucella. In: Murray PR, ed. Manual of Clinical Microbiology, 7th Edition, ASM Press, 1999: 625-631
  3. Brucella evolution and taxonomy, Moreno E, Cloeckaert A, Moriyon I, Vet Microbiol. 2002 Dec 20:90(1-4):209-27
  4. Brucellosis Fact Sheet, OIE Collaborating Center, Iowa State University College of Veterinary Medicine, updated 2003/06/03, http://www.cfsph.iastate.edu/Factsheets/pdfs/brucellosis.pdf
  5. Radostits OM, Gay CG, Blood DC, Hinchcliff KW, Veterinary Medicine, Ninth Edition, W.B. Saunders Company Ltd. 2000:867-891
  6. Nielsen K, Duncan R, ed. Animal Brucellosis,1990
  7. Quinn PJ, Markey BK, Disinfection and Disease Prevention in Veterinary Medicine In: Block SS, ed. Disinfection, Sterilization and Preservation, Fifth Edition, Lippincott Williams and Wilkins, 2001:1076-77
  8. Bovine Brucellosis, Santé animale-Fiches maladies, Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture, 2004/08/17 http://www.fao.org/ag/againfo/subjects/fr/health/diseases-cards/brucellosi-bo.html
  9. Collins CH, Laboratory-Acquired Infections: History, Incidence, Causes and Prevention, Third Edition, Butterworth-Heinemann Ltd. 1993
  10. Noviello S et al, Laboratory-acquired Brucellosis, Emerging Infectious Diseases, Vol 10 No 10, October 2004


DERNIÈRE MISE À JOUR :

Le 8 mai 2005 PRÉPARÉE PAR : L'Unité des biorisques, du confinement et de la sécurité, ACIA


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