Chlamydiose

De La-chevre.

La chlamydiose ou chlamydophilose des ruminants



La chlamydiose est une maladie bactérienne largement répandue et pouvant affecter de nombreuses espèces animales. Elle est à l'origine principalement d'avortements et de troubles de la reproduction chez les bovins et les petits ruminants. Elle peut également affecter les oiseaux (on parle alors d'ornithose ou de psittacose). Enfin, il s'agit d'une maladie pouvant se transmettre à l'Homme et faisant donc partie de la liste des zoonoses.


La chlamydiose en bref...

- Maladie bactérienne à l'origine principalement d'avortements et de troubles de la reproduction chez les bovins, les ovins et les caprins.

- Maladie d'évolution longue et cyclique avec alternance de pics d'avortements et de "disparition de la maladie" (les pics d'avortements suivants semblent affecter essentiellement les primipares).

- Maladie introduite généralement par le biais d'un animal contaminé.

- Transmission par voie orale (aliments, eau ou matériels contaminés par les résidus d'avortement, l'urine ou les fécès d'animaux contaminés).

- Possibilité de vaccination pour les ovins, traitement à base d'antibiotiques.


Quel est l'agent responsable de la chlamydiose ?

La chlamydiose est une maladie due à des bactéries du genre Chlamydophila regroupant de nombreuses espèces bactériennes. Les ruminants peuvent être atteints par:

Chalmydophila abortus, identifiée comme à l'origine d'avortements et de mortalités néonatales chez les bovins, les ovins et les caprins. Elle a également été mise en évidence occasionnellement à l'origine de troubles de la reproduction chez les juments, les carnivores domestiques, les lapins et parfois chez l'Homme.

Chlamydophila percorum, pouvant affecter les bovins, les ovins et les caprins. Elle a également été identifiée chez les porcins comme à l'origine de mortalités néonatales.

Chlamydophila psittaci, affectant principalement les oiseaux et l'Homme chez qui elle peut être à l'origine d'une broncho-pneumonie grave. Certaines souches de Chlamydophila psittaci ont également été mises en cause de façon occasionnelle lors d'avortements bovins


Quelles sont les conséquences obervables d'une chlamydiose dans un élevage?

Qu'il s'agisse de petits ruminants ou de bovins, la chlamydiose est essentiellement une pathologie à l'origine d'avortements affectant simultanément plusieurs animaux dans un élevage.

Chez les petits ruminants, les avortements dus à la chlamydiose se produisent le plus souvent de façon tardive en fin de gestation entre 125 et 140 jours. Lorsque l'infection survient pour la première fois dans un élevage, ces avortements peuvent concerner jusqu'au tiers du troupeau pour les élevages de brebis et jusqu'à 60% des animaux gestants pour les élevages de caprins. Ce nombre élevé d'avortements se maintient généralement pendant 2 à 3 ans avant de diminuer fortement. Ils affectent alors moins de 10% des femelles gravides et tout se passe comme si la maladie semblait disparaître de l'élevage. Mais après quelques années, la chlamydiose se remanifeste par un nouveau pic d'avortements survenant la quasi totalité des primipares. Elle évolue ensuite de façon cyclique avec alternance de périodes d'avortements et de "disparition" de la maladie.

Chez la brebis la chlamydiose se manifeste le plus souvent par un simple avortement, voir parfois uniquement par des agneaux morts nés.

Chez les caprins les avortements peuvent être accompagnés par d'autres types de troubles de l'appareil reproducteur comme des rétentions placentaires, des métrites ou encore des vaginites. Fréquemment il est possible d'observer pendant quelques jours un écoulement génital brunâtre parfois muco-purulent pouvant constituer un signe d'appel de la maladie.

La chlamydiose peut également être à l'origine de nombreuses autres types de troubles observables tels des conjonctivites, des arthrites, des troubles respiratoires, digestifs ou nerveux. Cependant elle se manifeste le plus fréquemment par des avortements.


Comment la chlamydiose se transmet-elle?

La chlamydiose se transmet le plus souvent par voie orale. La contamination des animaux peut notamment se faire par ingestion d'aliments ou d'eau souillés par les avortons et les rétentions placentaires. Mais les urines et les fécès des animaux atteints constituent également une source de bactéries importante. Il existe en effet de nombreux animaux porteurs sains de la bactérie, c'est-à-dire contaminés et porteurs du germe mais ne manifestant aucun signe clinique de la maladie. Or ces porteurs sains non détectables cliniquement excrètent la bactérie dans leurs fécès et contaminent l'élevage. Alors que la bactérie peut survivre jusqu'à 2 jours dans l'urine, 5 jours dans le placenta, elle est capable de résister plusieurs mois dans le milieu extérieur si les conditions lui sont favorables. Enfin une transmission aux jeunes animaux par le lait dans les jours suivant la mise bas serait également possible


Que faire en cas de suspicion de chlamydiose?

Tout d'abord, il est impossible d'affirmer que les avortements observés dans un élevage sont dus à une chlamydiose. Le diagnostic devra donc être posé à la faveur d'examens complémentaires réalisés au laboratoire. Par ailleurs, lorsque plusieurs avortements surviennent simultanément sur plusieurs individus, l'idéal est d'intervenir le plus précocement possible avant que trop d'animaux ne soient perdus et que les conséquences ne soient trop graves.


En premier lieu, l'idéal est donc d'isoler les animaux qui ont avortés. Ainsi si les avortements sont dus à des causes infectieuses (bactéries, virus etc.), la propagation de la maladie aux autres animaux du troupeau sera freinée.

Par la suite, il est important de mettre à l'abri l'avorton et ses enveloppes. Ceci permet d'éviter que les chiens ou les chats de l'élevage ne disséminent l'éventuel agent infectieux responsable de l'avortement dans tout l'élevage, voir carrément dans les élevages avoisinants. Par ailleurs, des analyses complémentaires devront généralement être effectuées au laboratoire. Les résultats de ces analyses sont grandement conditionnés par la qualité des prélèvements. Afin que le vétérinaire puisse effectuer les meilleures prélèvements possibles, l'avorton et ses enveloppes doivent être mis dans la mesure du possible à l'abri de la chaleur et de la lumière (notamment l'été). Mais, attention, ces manipulations doivent être effectuées avec précaution et systématiquement avec des gants au risque de se trouver contaminé par une maladie transmissible à l'homme!

Enfin, si les analyses révèlent que les avortements sont bien dus à une cause infectieuse, une désinfection rigoureuse de tout ce qui a pu être potentiellement souillé (litière, matériel, abreuvoirs etc.) devra être effectuée.


Comment savoir si les avortements observés sont dus à la chlamydiose?

En l'absence de lésion spécifique, le diagnostic de chlamydiose sera toujours apporté à la faveur d'examens complémentaires réalisés au laboratoire. Les prélèvements peuvent être constitués d'un écouvillonnage vaginal réalisé le jour de l'avortement chez les brebis et les vaches et 3 jours après pour les chèvres. La bactérie nécessitant des conditions particulières pour survivre, le transport des écouvillons jusqu'au laboratoire devra être réalisé en milieu spécifique. L'avorton ainsi que ses enveloppes peuvent également constituer du matériel d'analyse.

A l'échelle du troupeau un diagnostic sérologique est également réalisable par technique PCR, fixation du complément ou ELISA. Les analyses seront généralement effectuées à partir de 2 prises de sang réalisées à 15 jours d'intervalle (chez les bovins, des formes de chlamydiose intestinale sans troubles cliniques apparents (portage intestinal asymptomatique) peuvent donner lieu à des réponses séropositives). Elles sont réalisées le mois suivant l'avortement ou la mise bas.


Que faire pour éviter l'infection et la propagation de la chlamydiose dans un élevage?

Nous l'avons vu, la chlamydiose peut être à l'origine d'un grand nombre d'avortements dans un élevage atteint et donc de pertes conséquentes. Mieux vaut donc prévenir...

Tout d'abord, à titre préventif, l'idéal est de n'introduire dans un élevage que des animaux provenant d'un troupeau sain n'ayant jamais connu d'épisodes de chlamydiose.

En second lieu, la mise en quarantaine de tout animal devant être introduit dans le cheptel représente un méthode de prévention efficace.

Enfin, pour les ovins, deux types de vaccins contre la chlamydiose existent. Il s'agit soit de vaccins vivants, soit de vaccins inactivés. Ils peuvent éventuellement être associés à des vaccins contre la Fièvre Q. La vaccination diminue le nombre d'avortements. Cependant les vaccins contre la chlamydiose ne sont efficaces que sur des animaux non infectés et ne protègent en aucun cas ceux qui le sont déjà. Par ailleurs, seul certains vaccins vivants suppriment l'excrétion bactérienne. La primovaccination nécessite généralement une seule injection et devra être suivie d'un rappel annuel. Enfin, pour certains vaccins il existe une semaine de délais d'attente pour la viande.

Une fois le diagnostic de chlamydiose confirmé, un traitement antibiotique devra être mis en place. Il s'agit le plus souvent de traitement à base de tétracycline (oxytétracycline) administré pendant 3 à 5 jours.


Quel est le risque pour l'homme de contracter la chlamydiose?

Certaines espèces de Chlamydophila peuvent contaminer l'Homme. Les souches bactériennes affectant les bovins sont potentiellement transmissibles à l'Homme et peuvent s'avérer dangereuses notamment pour les femmes enceintes. La maladie se traduira chez elles par des nausées, des vertiges, des avortements, voir des mortinatalités. Les femmes enceintes doivent donc éviter de manipuler tout animal suspect. Il convient également de manière plus générale de manipuler les avortons avec précaution et notamment avec des gants.



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