L’ecthyma contagieux

De La-chevre.

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L’ecthyma contagieux est une maladie infectieuse, variolique, des zones cutanées à pilosité fine et éparse dans la région buccale, mammaire ou digitale, pouvant également toucher les muqueuses de la bouche et des pré estomacs.


Agent infectieux

La maladie est causée par un virus, Parapoxvirus ovis. Très résistant à la sécheresse, il peut survivre plusieurs années dans les étables et les pâturages, alors qu’il est détruit rapidement en présence de chaleur humide.



Transmission

Des vecteurs animés tels que l’être humain ou éventuellement des chiens contaminés, des chèvres ou des chamois infectés, peuvent propager le virus; l’hôte principal reste cependant le mouton. Les moutons excrètent le virus considérablement plus longtemps que les chèvres. La propagation de l’infection dans un troupeau se fait par contact direct, éventuellement indirect par l’intermédiaire d’installations d’étable ou d’instruments, de poussière ou de litière contaminée. Le virus pénètre dans l’organisme à la faveur de petites lésions, en particulier sur la peau et les muqueuses de la gueule, du palais, de la langue, de l’œsophage, des onglons et de la mamelle.



Symptômes

Cinq jours après la contamination environ, des petites pustules et des rougeurs apparaissent aux portes d’entrée de l’infection, altérations qui évoluent en croûtes après 7 jours. Les lésions se propagent ensuite durant 10 jours. Elles guérissent en l’espace de trois semaines et les croûtes se détachent généralement après quatre semaines sans laisser de cicatrices. La maladie évolue usuellement sans fièvre et sans altération notoire du comportement. Lorsque les troupeaux sont soumis à un stress ou que la densité d’occupation est élevée, des complications peuvent quelques fois apparaître: salivation, réduction de la prise d’aliment (notamment lorsque les lésions sont importantes dans la région buccale), boiteries (lors d’altérations au niveau des onglons) et faiblesse. En cas d’évolution sévère, les animaux peuvent mourir d’inanition ou de soif. Chez les jeunes animaux, les altérations au niveau des lèvres peuvent s’élargir et former une protubérance en forme de chou-fleur.



Épidémiologie

L’affection est fréquente dans le monde entier, tant chez le mouton que chez la chèvre. La morbidité peut atteindre 100 % des animaux d’un troupeau. Les pertes sont cependant exceptionnelles. Dans la nature, on a observé la maladie en Europe sur des cerfs élaphes, des chamois et des bouquetins. De nombreux autres ongulés de par le monde y sont également sensibles. La transmission est favorisée par la pâture commune des moutons et des chèvres avec les ruminants sauvages. D’autres facteurs, tels qu’une densité de population ou un système social accroissant la fréquence des contacts entre les individus, jouent également un rôle, comme par ailleurs l’immunité générale du troupeau. Les animaux forment des anticorps qui les protègent durant environ cinq mois; l’immunité étant cependant locale, une infection orale ne peut pas empêcher une infection mammaire avec des altérations dans la région des trayons. Les animaux juvéniles qui ont reçu des anticorps dans le lait maternel restent malgré tout exposés à l’infection.


Risque pour l’être humain

L’être humain est en principe sensible aux Parapoxvirus. L’infection peut se manifester sous la forme d’une hypertrophie des ganglions lymphatiques, lesquels sont par ailleurs douloureux. On a également observé des altérations cutanées, semblables à celles observées sur l’animal, qui guérissent en l’espace de six semaines. Cette dernière contamination est connue chez l'homme sous le nom de maladie d'ORF.

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S. Hoby & M.-P. Ryser


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