LES CHEVRIERS À SAUTE-MOUTON

On 25 March 2010, in Nouvelles, by Charlotte
Le syndicat départemental caprin part à la conquête de nouveaux partenaires.. Thierry Massé, le président rouillacais, parie sur la promotion de la filière.

Sylviane CARIN | s.carin@charentelibre.fr

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Le syndicat caprin part en campagne. Il en appelle aux entreprises afin qu’elles deviennent ses partenaires. Pour un montant de 200€, elles ont droit à une pub dans une publication syndicale; pour 1.000€, elles ont accès à l’ensemble des écrits du syndicat. Une démarche originale pour renflouer les caisses et faire connaître cet élevage. Thierry Massé, le président rouillacais, ne recule devant rien pour «la promo du métier et de ses produits».

Par temps de crise, les chevriers doivent jouer à saute-mouton avec les obstacles pour conquérir le public. L’argent récolté sera injecté dans leur participation aux différentes animations. Le festival laitier de Chabanais le 17 avril, la foire de Ruffec en mai, ou la Saint-Barthélémy cet été à Confolens.

«Au niveau régional, on a également une personne chargée de la promotion de la viande de chevreau, une viande qu’il faut relancer» détaille le responsable, soucieux d’ouverture vers l’extérieur.

Avec son épouse Sandra, il a créé une ferme pédagogique. À côté des 420 chèvres, il y a la basse-cour avec ses oies, poules et dindons. Il y a les poneys, le paon et les moutons. A «Bordeville» de Rouillac, c’est tous les jours le salon de l’agriculture pour les enfants des écoles et des centres de loisirs.

Thierry Massé vit son métier comme un sacerdoce. Ne s’autorise qu’une dizaine de jours de congés par an. Il ne regrette pas son engagement. Il a pris la suite de l’exploitation familiale en 1999 avec la volonté de la développer. «ça s’est fait progressivement. L’accroissement interne est plus facile que pour les vaches. On a investi 50.000€ au départ. Aujourd’hui, c’est 300.000€ pour une structure identique» explique le quadra, chahuté par son chien dans le décor bucolique de «Bordeville».

Plus de 90% des revenus tirés du lait

Chaque année, l’homme renouvelle un tiers de son troupeau en conservant 150 chevrettes. Les autres, une centaine, sont vendues à 2 mois. Quant aux chevreaux, ils sont commercialisés à une semaine (5€ en moyenne) et rejoignent les ateliers d’engraissement.

Le couple tire plus de 90% de ses revenus du lait. Un lait dont les prix seront revus à la baisse en 2010. «La plupart des fromageries ont été fragilisées par la crise de la vache. Elles ont décidé de baisser leurs prix de 15 à 20€ les 1.000 litres, sous la pression des banques qui leur demandent d’assainir leurs comptes». Le prix du lait de chèvre – de l’ordre de 550€ les 1.000 litres – demeure cependant plus élevé que celui des vaches (moins de 300€). Le métier reste attractif. «C’est l’un des rares qui attire les gens de l’extérieur. C’est sympa et on peut rentrer avec un minimum d’argent». Thierry Massé ne regrette pas son choix. Le couple parvient à se prélever 1.600€ de salaires par mois.

Un luxe dans la conjoncture agricole actuelle. L’éleveur ne se plaint pas. La compagnie de ses chèvres saanen lui sied. Leur bêlement réchauffe l’ouïe.

Le Poitou-Charentes en leader

La moitié du lait de chèvre produit en France est collecté en Poitou-Charentes, 30% dans les Deux-Sèvres, département de référence.

La Charente arrive en troisième position derrière la Vienne.

Elle compte aujourd’hui 130 éleveurs, dont une majorité dans le nord du département. Les entreprises laitières de la région transforment 70% du lait produit par le Poitou-Charentes, les Pays de Loire et le Midi-Pyrénées.

En dehors du célèbre chabichou appellation d’origine contrôlée, la région compte de nombreux fromages: mothais-sur-feuille, chèvre-boîte, saint-maixentais… Des fromages artisanaux et industriels. Thierry Massé vend ses 390.000 litres de lait annuels à la laiterie de Réparsac qui appartient au groupe Bongrain, pour fabriquer le chavrou. Il faut compter 250€ pour acquérir une chèvre, 75€ pour une chevrette de trois mois.

La période forte de lactation se situe entre 2 et 5 ans.

Source: http://www.charentelibre.com