La Réunion invente “son” cabri de demain

On 16 May 2010, in Nouvelles, by Charlotte

FOIRE AGRICOLE. La filière caprine continue sa marche en avant. La preuve hier à Bras-Panon avec le concours de cabris, mais également un point sur l’avancée de la sélection génétique qui donnera naissance à une nouvelle race boer pour les DOM.

FOIRE AGRICOLE

Une mission délicate. La Réunion a été chargée par le gouvernement de mener à bien la sélection du futur cabri des DOM par la réalisation d’un standard de race. “Nous sommes en train de constituer notre propre race boer, en fait l’idéal du cabri boer, que ce soit pour la chèvre ou le bouc”, commente le chargé des affaires agricoles à la chambre verte, Eric Soundrom. Une mission confiée à la chambre et à l’Association départementale pour la promotion et l’élevage de cabris boer à la Réunion (ADPECR).

29 points de contrôle

Une race considérée comme plus apte à porter la filière vers le haut car présentant l’avantage de produire plus de viande par rapport à la chèvre pays dont le poids de la carcasse est faible : 28 kilos à 12 mois, contre 42 kilos pour le boer. “Cela tout en répondant aux attentes du marché cultuel”, poursuit le spécialiste. C’est donc vers la race boer que se tourne désormais la majorité des élevages. Mais pourquoi définir de nouveaux standards pour une race déjà connue et reconnue ?

Les chèvres et boucs d’origine boer présents dans l’île ne sont pas des “pure race”. Les animaux importés d’Afrique du Sud dans les années 80 s’étant depuis croisés avec les chèvres pays quand ils n’ont pas été sacrifiés (70 à 90 % des boucs sont destinés localement aux sacrifices religieux). Impossible dans le même temps de faire venir de nouvelles bêtes avec l’embargo sur les importations depuis l’Afrique australe, la patrie du boer dans le monde, pour cause de maladies comme celle de la vallée du Rift. Les importations depuis l’Europe sont également interdites depuis 2007. C’est donc par une sélection rigoureuse du cheptel local que la Réunion est en train de sélectionner cette race de demain sur la base d’une multitude de critères (29 points de contrôle depuis la forme de la tête jusqu’à la taille des organes génitaux).

Des conditions d’élevage différentes avec l’Afrique du Sud sont une autre raison à l’émergence d’une nouvelle race. Une fois le cahier des charges défini puis validé début 2011 par l’Etat, environ huit ans seront nécessaires pour la création d’une race pure par la reproduction des meilleurs spécimens. Le boer DOM sera plus haut et plus long que son cousin sud-africain et aura des cornes plus longues. Le travail de sélection a déjà commencé avec un pointage en cours du cheptel.

La chèvre pays n’est pas pour autant abandonnée avec la réalisation d’un programme de conservation. Pour accompagner la filière, des aides nationales ont été actées pour une enveloppe annuelle de 300 000 euros à partir de 2011. À terme, avec l’émergence de ce “nouveau cabri”, la filière compte gagner des parts de marché et notamment faire son entrée sur les assiettes réunionnaises via une meilleure présence dans les grandes surfaces et les boucheries. Objectif : couvrir 50 % de la consommation locale en viande de cabri tout en maintenant le mode de commercialisation dual (sacrifice cultuel et production de viande). Cela en favorisant l’émergence de nouveaux élevages, en accroissant la rentabilité pour les éleveurs et en faisant baisser le prix du kilo produit localement. Actuellement, le kilo de viande pays reste deux fois plus cher que la viande importée.

La viande de cabri est reconnue comme la plus pauvre en cholestérol. Le troisième concours de cabris organisé hier à la foire de Bras-Panon (8 prix au total) a notamment récompensé dans la catégorie meilleure chèvre Hubert Lebon (La Plaine-des-Cafres) et pour le meilleur bouc, Roberto Bègue (Le Tampon).

Philippe Madubost

Programme du jour

6h à 14h : Marché de producteurs (place de la mairie)

Toute la journée :

- Stand chambre d’Agriculture : animation et informations sur la filière bio

- Dégustation de tisane bio

- Dégustation de jus de canne “bio” (Jardin Bio)

Soirée maloya nout’tradition

10h-12h : Démonstration de karaté/Revathi dance

16 h : finale radio crochet

20 h : Ambala (live)

22h : Lindigo (live)

Source: www.clicanoo.re

 

Inter Bio Bretagne

Depuis quelques années, la laiterie de Kerguillet s’est engagée dans un modèle de production qui associe un savoir faire éprouvé à un engagement profond dans la bio. « L’année 2003 est une étape dans l’évolution de l’entreprise. Nous nous sommes clairement orientés vers la fabrication de produits bio ». Xavier Maréchal, directeur de l’entreprise, et ses 13 salariés transforment aujourd’hui des laits de vaches, de chèvres et de brebis, en bio et en conventionnel. « En 2002, 100% de la collecte était en conventionnel. Actuellement, la part du bio représente 50% de notre activité ». A entendre le directeur évoquer le potentiel de la bio, nul doute que cette part augmentera encore dans les prochaines années. « Notre projet d’entreprise intègre une éthique sociale, environnementale et territoriale. Nous privilégions les partenaires locaux, qui partagent nos valeurs ». Le lait est collecté dans le Morbihan, en voiture et citernes. Pas de gros camions. Les volumes sont faibles. « En lait de chèvre, nous collectons souvent chez des producteurs qui transforment et vendent une partie de leur production en direct ». C’est pourtant bien grâce au lait de chèvre que l’entreprise entend se développer.

Diversifier la production

La gamme de produits frais, fabriqués à partir de lait de chèvre bio, est déjà large: yaourts, faisselle, crème fraîche, poudre et kéfir (boisson issue de la fermentation du lait). L’entreprise vient cependant d’investir 200 000 euros, dans des locaux et du matériel, pour étoffer cette gamme et produire des fromages. « C’est un challenge », conçoit le directeur. « La fabrication de fromages présente l’avantage, contrairement aux yaourts, par exemple, de concentrer le produit. Il y a beaucoup moins de volume de matière à sortir de l’usine qu’à rentrer. Le deuxième avantage, c’est la possibilité de stocker le produit et d’allonger ainsi les dates de péremption ». La laiterie proposera prochainement un fromage à pâte molle de 15 jours d’affinage et une tomme de 6 à 8 semaines d’affinage. Intéressant pour ajuster les ventes en période de forte collecte.
80 000 litres de lait de chèvres bio sont aujourd’hui collectés. Le potentiel de collecte, dans le Morbihan, est estimé, par Xavier Maréchal, à 350 000 litres. L’entreprise de Kerguillet aimerait faire son trou, en Bretagne, aux côtés de gros collecteurs comme Colarena et Triballat.

Embauches

Si la collecte est locale, la commercialisation de produits est nationale. Essentiellement dans les magasins spécialisés, sous la marque « Etikébio » mais aussi en grande distribution. 10% de la production est vendue en GMS. « Le challenge est de sécuriser l’approvisionnement sur l’année ». Le directeur mise sur le développement de la filière. « Le lait de chèvre bio souffre encore d’un déficit d’image. Le consommateur assimile le lait de chèvre conventionnel à du bio ou à un produit de terroir. C’est plus difficile de se démarquer qu’en production de lait de vache. Néanmoins, il y a de la place pour la production ». La laiterie de Kerguillet se chargera de la transformer, avec quelques nouveaux salariés. L’entreprise vient d’embaucher une spécialiste de la production fromagère. Deux nouveaux techniciens intégreront l’équipe l’an prochain.

Bernard Laurent

Photo : Inter Bio Bretagne a organisé une visite de la laiterie de Kerguillet à Plouay, lors de l’une  des journées techniques consacrées à la filière.

La chèvre bio progresse
•2100 chèvres en production bio en Bretagne en 2009
•4ème rang des régions en France (Rhônes Alpes en 1er)
•43 élevages
•50% de l’effectif breton est en Morbihan
•90 chèvres en moyenne par élevage en 56
•Plus 8% d’effectifs entre 2009 et 2008 en Bretagne

Source: www.paysan-breton.fr