Par : Danielle Jacques, agronome, Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec

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Photo : Evelyne La Roche

De par le nombre de fermes caprines recensées, le Centre-du-Québec, la Montérégie, la Chaudière-Appalaches et l’Estrie figurent certainement parmi les régions où l’industrie caprine a connu un essor au cours des 15 dernières années. Voilà de quoi réjouir les agents de développement économique, les producteurs, la relève et les transformateurs, sans oublier les consommateurs.

Alors que les produits laitiers caprins sont assez visibles dans nos supermarchés, la viande caprine se fait plus discrète malgré ses qualités (tendreté, saveur, faible teneur en matière grasse). Selon le Portrait des marchés des produits de la chèvre au Québec réalisé en 2007, les producteurs optent davantage pour la vente directe de viande aux consommateurs (principalement les découpes et les produits transformés : saucisses, pâtés, terrines, etc.) et la vente de carcasses aux restaurateurs. Les communautés ethniques étant les principaux consommateurs, l’approvisionnement de cette clientèle est à intensifier pour diminuer la part de marché occupée par l’importation qui est très présente. Il faut aussi poursuivre les efforts auprès de la population en général afin que la viande caprine se taille une plus grande place parmi les viandes de spécialité (cerf, émeu, agneau, etc.) qui gagnent en popularité.

Deux races dédiées
Qui dit viande caprine, dit surtout chevreaux de boucherie. On observe en effet deux tendances au Québec. Des éleveurs de chèvres de race pure (Boer principalement, suivie de Kiko en plus petit nombre) ou croisées à dominance bouchère produisent des chevreaux légers et lourds. D’autres engraissent des chevreaux issus de troupeaux de chèvres laitières. En théorie, on peut produire de la viande à partir de n’importe quelle race, mais une bonne musculature, un taux élevé de chair par rapport aux os et une croissance rapide sont les critères recherchés.
D’origine très lointaine (mélange de gènes d’Afrique du Sud, de l’Inde et de l’Europe), la Boer est robuste, calme et docile. C’est l’une des races de chèvre les plus prolifiques au monde, produisant en moyenne de 1,6 à 2,25 petits par portée selon les saisons et la conduite d’élevage. Le poids moyen à la naissance est de 4 à 5 kg et on peut s’attendre à un gain moyen journalier de 200 g sur pâturage naturel et de plus de 250 g en production intensive.

Originaire de Nouvelle-Zélande, la Kiko résulte de croisements de diverses races dans le but d’obtenir une chèvre maternelle, ayant une capacité bouchère améliorée et pouvant se nourrir principalement de pâturages naturels. Elle est de nature brouteuse et possède une résistance accrue aux parasites internes. Les chevreaux, qui pèsent entre 2,5 et 3 kg à la naissance, sont d’une vigueur impressionnante, prenant leur première tétée très rapidement.

Quelques aspects de l’élevage

Au Québec, la majorité des élevages caprins sont en stabulation libre avec accumulation de litière. Tout comme la chèvre laitière, la chèvre de boucherie a besoin de bonnes conditions de logement (ventilation, protection contre les courants d’air, litière sèche, etc.), mais s’accommode de températures un peu plus basses. Il est donc possible de rénover un bâtiment existant pour en faire une chèvrerie semi-isolée, tout en prévoyant une meilleure isolation pour les mises bas hâtives et des lampes infrarouges dans les loges de maternité lors des grands froids.
En ce qui concerne l’alimentation, le lait des chèvres de boucherie sert uniquement aux jeunes; il n’existe pas d’inconvénient à laisser les jeunes avec leurs mères, bien au contraire. On introduit toutefois des concentrés appétissants dès la première semaine afin de pouvoir sevrer, le temps venu, des chevreaux habitués à consommer des aliments solides en quantité, ce qui favorisera un gain de poids rapide et une bonne production de muscle. Un foin jeune de bonne qualité est aussi servi.

Ces renseignements sont tirés de l’ouvrage intitulé L’élevage de la chèvre publié récemment par le CRAAQ. Pour en savoir plus sur l’élevage de la chèvre de boucherie, ou encore sur la chèvre laitière et la chèvre Angora, adressez-vous à votre conseiller agricole ou procurez-vous cette nouvelle publication en visitant le site www.craaq.qc.ca.

Source: forum17.com

 

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